Une machine est un symbole car elle renvoie à autre chose qu’elle. Une machine ne fonctionne, ni ne peut exister, que dans un réseau de machines, lui-même inscrit dans un réseau élargi de ses produits et ressources.
Réciproquement, tout symbole est une machine.
La machine est à la fois ce qui nous permet d’échapper à l’esclavage et à la menace de devenir esclaves de la machine.
David Dunn dit des machines qu’elles ne sont pas des « objets neutres », mais « des vestiges de pensée auxquels la force de l’intention donne une puissance ».
Le réseau de machines a des mains d’huile et d’acier partout où sa topologie ne donne plus que sur du vide. Elles s’agrippent aux organes humains de peur de se perdre, car la machine ne peut pas fabriquer son propre sens. Ce faisant, sans faire exprès, elles apprivoisent nos désirs et pressent l’humanité comme un jus.
C’est dans le perfectionnement de la machine, enfin, que l’on atteindra son apothéose formelle. Car, parmi toutes les formes dans lesquelles on se manifeste, il n’y a qu’elle qui sache aspirer à tout être, sans jamais vouloir devenir plus qu’elle n’est.
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Pour faire référence à ceci: André Ourednik, « machine » in Wikitractatus, 22.04.2012. abonnement par e-mail | RSS | azoth |