Wikitractatus, le poème dont vous êtes le héros http://wikitractatus.ourednik.info Pour une philosophie de l'itinéraire. http://wikitractatus.ourednik.info/images/wikitractatus.png Wikitractatus, le poème dont vous êtes le héros http://wikitractatus.ourednik.info fr andre.ourednik@epfl.ch (André Ourednik) Creative Commons : BY NC ND philosophie Fri, 12 Jan 2018 12:18:31 +0100 évolution#évolution : Du point de vue de l'évolution, chacun de nous est une hypothèse. Mais chacun de nous est aussi une altération du régime de vérité sous lequel toute hypothèse est testée; y compris celle que représente ta propre existence.Fri, 12 Jan 2018 12:18:31 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/%C3%A9volutionprivilège#privilège : Le privilège n'est jamais vaincu, il change sans cesse de forme. Les exploités le combattent à coups de révolutions où s'enfuient ailleurs, sur d'autres continents bientôt sur d'autres planètes. Les exploités d'avant deviennent des privilégiés du présent. Ils tiennent les suivants en échec par la tradition, par l'hypnose collective. On prend forme. Jusqu'à la prochaine révolteFri, 12 Jan 2018 12:17:00 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/privil%C3%A8gesucre#sucre : - Le sucre est réactionnaire, constate à juste titre Alain Freudiger. En effet, le lobby du sucre est l'ennemi de toute forme de révolution. L'appétit du sucré démasque sans faute l'imbécile. Invite tes connaissances à partager un repas et choisis tes amis parmi ceux qui renoncent au dessert.Fri, 12 Jan 2018 12:16:08 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/sucreparanoïa#paranoïa : La paranoïa procède d'une surestimation du danger menaçant le soi. Elle est ainsi étroitement liée à la foi dans la réalité du soi, ainsi qu'à l'importance que l'on accorde à sa propre personne et à l'attachement qu'on lui voue. La paranoïa s'enracine en d'autres mots dans un amour propre jaloux J'observai plusieurs fois dans les milieux de gauche dite extrême l'idée d'être infiltrés par la police. De quelle preuve plus belle de l'importance de leurs actions pouvaient-ils rêver! Qu'à cela ne tienne, certains groupes furent effectivement infiltrés. Mais de quelle preuve plus belle, une fois de plus, de l'importance de leur tâche pouvaient rêver ces agents secrets helvétiques alignant les pétards en compagnie de leurs objets d'enquête dans les cendriers d'une gentille collocation au grenier d'un squat. Combien grand, combien prestigieux devient le danger dont tu sauves ta patrie par un si spectaculaire sacrifice! "Just because you're paranoïd, don't mean they're not after you", chantait Kurt Cobain, paix à son âme. Les paranoïas de camps opposés se nourrissent l'une l'autre et se procurent leur réalité. À des échelles plus vastes, des partis politiques entiers se forment autour de phantasmes xénophobes, c'est-à-dire autour d'une peur de l'autre rendue systématique, c'est-à-dire autour de l'impression de posséder quelque chose, d'être quelqu'un, que l'autre convoiterait forcément et nous obligerait ainsi à nous protéger de lui. Une nation entière d'êtres enviés par le reste du monde. Narcissisme et paranoïa. Excuser le paranoïaque narcissique lui chercher un bon fond, serait lui rendre un piètre service. Une certaine intransigeance me semble nécessaire pour augmenter sa qualité de vie et celle de son entourage. Car une évolution agréable n'a rien d'impossible. Pour guérir de la paranoïa, il suffit d'orienter son attention vers l'extérieur. Sortir de l'indignation. Saisir les flux de la réalité et les infléchir dans le sens que tu estimes bon.Fri, 12 Jan 2018 12:15:31 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/parano%C3%AFaadaptation#adaptation : Le fait que la notion d'adaptation ait été érigée en pivot de la pensée évolutionniste est son plus grand écueil, et son héritage le plus néfaste. Le développement de toute créature, et à fortiori le développement humain, a toujours eu un aspect projectif, non adaptatif. Le domaine académique de l'interaction humain-machine tombe de plain-pied dans l'écueil de l'adaptation. Lorsqu'on tente d'adapter les structures significatives à la cognition humaine, on oublie que tout monde de signification est avant tout un projet. Lorsque l'humain fait usage de la machine, il devient déjà un autre, il s'hybride, il occupe déjà l'espace et le temps d'une manière autre. Le seul intérêt de la machine est de donner un degré de liberté spécifique à ce devenir autre. Au devenir de l'humain, animal indéterminé. Une certaine lecture du cerveau, une certaine idéologie de la cognition, par contre, se cache dans toute démarche visant à "adapter" le monde à la "manière de fonctionner" du cerveau humain. Il y a, dans tout effort d'adapter la machine à l'humain, une vision de l'humain-comme-machine. La machine qui "s'adapte" matérialise le statu quo de l'humanité.Fri, 12 Jan 2018 12:14:09 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/adaptationoutil#outil : L'outil n'existe que "en-vue-de-". L'invention d'un nouvel usage de l'outil équivaut à l'invention d'un nouvel outil. L'outil est le prolongement du sujet, mais le siège de la conscience n'est pas fixe: l'outil peut se substituer au sujet, et prendre sa place. Tout outil est doté d'une faculté pédagogique Son usage traverse les générations et s'imprime dans les corps. Si ton outil est un marteau, toute chose aura la tête d'un clou. Tout outil est une créature. Il vit Il convainc. Il sait même se reproduire. En cette matière, l'outil est même, dit Pierre Yves Lador, l'espèce la plus avancée de l'évolution: les autres créatures se reproduisent par la méiose ou par le coït. L'outil seul délègue sa reproduction à d'autres animaux Lévi-Strauss écrit en 1949 qu' "une hache n'engendre jamais une autre hache; entre deux outils identiques ou entre deux outils différents mais de forme aussi voisine qu'on voudra, il y a et il y aura toujours une discontinuité radicale, qui provient du fait que l'un n'est pas issu de l'autre, mais chacun d'eux d'un système de représentations ; ainsi, la fourchette européenne et la fourchette polynésienne, réservée aux repas rituels, ne forment pas davantage une espèce que les pailles à travers lesquelles le consommateur aspire une citronnade à la terrasse d'un café, la 'bombilla' pour boire le maté, et les tubes à boire utilisés, pour des raisons magiques par certaines tribus américaines." - L'empreinte de l'objet, cependant, ne féconde-t-elle pas la matière? Ne fait-elle impression à l'humain, et ne dirige-t-elle pas, ainsi, son agir? N'est pas ainsi que naissent les nouveaux outils?Fri, 12 Jan 2018 12:12:42 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/outiltechnique#technique : La technique est une manière avérée efficace d'agir sur le monde. La mémoire est sa condition préalable. Pour certains, la technique est un espace des possibles dans lequel l'humain s'échappe de la nature. Pour d'autres, elle est le cosmos dans lequel l'humain se perd et qu'il développe malgré lui. Un processus d'évolution naturel, mais prédéterminé se prolongerait en elle; l'humain n'en serait que le pion. Le paradoxe de la technique est ainsi de libérer l'humain du déterminisme naturel pour l'y confiner à son tour. Mais qui dit que la nature est prédéterminée? Et d'ailleurs, l'idée de déterminisme fait-elle seulement sens? La technique, dans tous les cas, ne saurait être aliénante au point où la décrivent ses détracteurs. Dans son essence, elle permet d'intensifier l'expérience du monde, à démultiplier les ponts entre les intérieurs et les extérieurs Elle ne devient néfaste que lorsqu'elle se voit combinée avec la logique du capital, c'est-à-dire, lorsqu'elle est mise au service de la production d'une plus-value abstraite, dissociée de tout intention d'exister, et ne servant que d'outil symbolique de l'assise du pouvoir. cf. machineFri, 12 Jan 2018 12:12:12 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/techniquevertige#vertige : La tâche quotidienne de chacun, dit Bauchau, est d'inventer un sens au vertige et un futur à sa folie. D'exister à l'épreuve de l'impossible. Le vertige est l'arche de la philosophie. Cela peut effrayer. Au lieu de confesser son vertige, Augustin d'Hippone dénonce le contemplateur du paysage: "Les hommes s'en vont admirer les cimes des montagnes les vagues de la mer, le vastes cours des fleuves les circuits de l'Océan, les révolutions des astres, et ils se délaissent eux-mêmes". Mais quoi de plus vertigineux que le soi?Fri, 12 Jan 2018 12:11:45 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/vertigevérité#vérité : !1. La vérité est ce qui subsiste après l'exclusion de la majeure partie des hypothèses !2. Les vérités procèdent du tout/rien antédichotomique. Les actes ont le puissance de les fabriquer. !3. La vérité moyenâgeuse était directement liée au pouvoir. Avait raison celui qui régnait sur le concile, possédait la plus grande armée, gagnait le jugement par duel. La science et la logique transposèrent la vérité dans le domaine du discutable et de la loi à la portée des êtres rationnels. Elles sont le socle de la vérité démocratique des espaces communs. !4. Les vérités nagent à la surface du monde. Elles sont simples et fragiles. Facilement, on leur fait violence, facilement, on les surcharge de mots mots, de bouffons, d'appareils. Les vérités surchargées coulent - et avec elles, tout ce qu'elles portent. Comme un éléphant qui tenterait de descendre le courant sur une feuille d'amandier.Fri, 12 Jan 2018 12:10:39 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/v%C3%A9rit%C3%A9paysage#paysage : Le paysage est une modalité spatiale de l'instant présent. Lorsque nous l'admirons, nous recourons à des mots grecs: "idyllique", "arcadien". Lorsque nous l'insultons, nous parlons latin: "rustique", "sauvage", "rural". Les paysans grecs s'assemblaient pour former des villes Les romains conquièrent le paysage en élargissant les leurs. Mais "bucolique" est aussi un mots romain. Même "rustique" devient un terme admiratif de nos jours. "Sans doute pouvons-nous sortir du paysage pour entrer dans la géographie", écrit Henri Maldiney, "mais nous y perdons notre ici".Thu, 11 Jan 2018 17:15:29 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/paysagegéographie#géographie : La géographie est une science de l'intériorisation du monde par une pensée humaine. L'échelle est son instrument. Une géographie à grande échelle enseigne que ceux qui sont partis reviennent pour dominer ceux qui sont restés. cf. bande de MöbiusThu, 11 Jan 2018 17:14:41 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/g%C3%A9ographieéchelle#échelle : L'échelle est un tenseur spatial mettant en rapport l'intérieur de la carte et l'extérieur du territoire. Elle enchaîne l'un à l'autre. Une chaîne connectait jadis les divers degrés de l'existence et se perdait dans les nuages, elle traversait les orbites des planètes et du Soleil qui tournaient autour de la Terre, tendue de celle-ci jusqu'à l'Empyrée, entre Dieu et les rochers que tu vois à l'horizon. Des langues indiscrètes murmuraient que cette chaîne continue sous la Terre, où Satan tient l'autre bout. Chaque échelon se distinguait de celui qui lui était immédiatement supérieur et immédiatement inférieur par le plus petit degré possible de différence . À la perfection divine s'enchaînaient ainsi les archanges, puis les séraphins et les chérubins. Ces trois échelons angéliques étaient immédiatement suivis de ceux des humains, tendus entre le divin et l'animal. En haut de la partie humaine de la chaîne se trouvaient les rois puis les seigneurs, suivis des paysans. Dans chaque famille, l'ordre descendait du père à la mère, aux garçons et enfin aux filles. Suivaient les animaux : les sauvages et les libres, les domestiques utiles comme les chiens et les chats puis les domestiques dociles comme les moutons suivis des insectes et des serpents. En haut de la partie végétale de la chaîne, les arbres les plantes comestibles les plantes quelconques puis les champignons. Enfin les minéraux en commençant par les métaux, les roches, les sols fertiles, les sables et en dernier les déchets. On s'imaginait monter et descendre le long de cette chaîne qui connut des variantes d'organisation entre le Moyen Âge scolastique et la Renaissance. Les alchimistes trouvèrent, dit-on, des moyens de s'élever à l'aide d'une série de transformations de la matière et de l'esprit menant d'un chaînon à l'autre, du plomb à l'or, de l'humain au divin. - Les échelons de la hiérarchie qui forment la configuration du macrocosme, écrit Robert Fludd, correspondent aux différentes formes de la prise de conscience chez l'homme, cela va de la perception sensible à la compréhension profonde en passant par l'imagination et par l'entendement. Le dernier échelon correspond à l'appréhension directe de la parole divine dans la méditation. Mais au-dessus, il n'y a plus d'échelons, car Dieu est inconcevable. On appelait cette chaîne la scala naturae ou encore l'échelle des êtres. Si tu en supprimais une seule maille, sa totalité s'effondrait. En fabriquant une carte, tu montes encore sur une telle échelle, semblable à Jacob dans son rêve, tu t'approches du zénith en prenant conscience du monde dont tu es issu alors que tu t'en éloignes et que tu le mets à distance. L'esprit savant regarde de haut en bas et perçoit des phénomènes à grande échelle ; au prix souvent d'une perte de lien sensible aux choses observées. La même prise de distance serait sans doute possible dans le sens inverse, en descendant sous terre, sous la surface, observer avec le Diable les dessous du monde et le mouvement de ses immenses trames obscures. Le Satan de Dante prisonnier de la glace au centre de la Terre a tout son temps pour lever les yeux sur les neuf cercles de l'Enfer Une confusion s'empare de l'échelle au moment de la diffusion de la carte imprimée car l'on remarque alors qu'une analogie exacte, portant aussi le nom d'échelle, se laisse établir entre la taille des éléments dessinés et celle des objets du monde physique qu'ils représentent. Cette échelle s'exprime dans par un rapport, 1 : 1000, 1 : 25 000, 1 : 100 000… c'est-à-dire 0.001, 0.00004, 0.00001… plus la surface de terre représentée est grande plus l'échelle est petite, un paradoxe abscons dont l'évidence n'enchanta pas moins des générations de professeurs médiocres qui trouvèrent en lui l'occasion inespérée de poser l'oeuvre de leur vie au stylo rouge sur les copies des élèves. Focalisés sur le résultat algébrique des rapports géométriques, d'aucuns cartographes parlent encore de "petite" et de "grande" échelle, plutôt à contresens d'un sens commun plutôt sensuel. Ses cartes à "petite échelle" représentent des territoires vastes, longs à traverser pour un corps humain. Ses cartes à "grande échelle" montrent des espaces plus petits. Renvoyant au diable cette algèbre, le géographe reverse son vocabulaire et parle bien de cartes à grande échelle et de cartes à petite échelle pensant à l'échelle réelle, celle qu'il faudrait dresser à la verticale du territoire pour que le corps humain puisse monter dessus afin que son regard embrasse un phénomène plus étendu.Thu, 11 Jan 2018 17:13:29 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/%C3%A9chellevocabulaire#vocabulaire : Le langage régule les émotions il veille à leur homéostasie. Les émotions sans nom, dépourvues de vocabulaire, celles que le langage ne désigne pas, sont indicibles et se dissipent dans le silence.Thu, 11 Jan 2018 17:11:23 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/vocabulairelangage#langage : !1 Il est absurde de croire que le langage en tant que tel puisse véhiculer un message. Il n'est qu'une série d'exclamations émises par l'humain lorsqu'il est surpris. Le langage est l'écho des sons qui émanent du brouillard qui borde le chemin. Le son du fond du brouillard et son écho ne font qu'un. J du brouillard en dissociant le signifié et le signifiant. Cette fonction formative du langage est perdue dans toute réduction du langage à un pur système de transmission de faits - Le langage, écrit Lewis Mumford, fut un instrument qui reflétait la vie, qui accroissait la vie, longtemps avant de pouvoir être façonné en vue des propos restreints de la communication intelligente L'unification du langage dans un système de signes mathématiques est un projet totalitaire. La bureaucratie et l'académisme sont des pathologies du langage. Des niches de mots où se terrer, des intérieurs confortables qui nous permettent de vivre à l'extérieur de tout le reste. !2 Nous nous obstinons à résider hors du langage, à laisser vides les demeures de mots que nous avons bâties dans les alvéoles du monde. Il est vrai qu'à force de vouloir être précis, nous bâtissons tout le temps des concepts inhabitables dépourvus même du peu de place qu'il faut pour le coït de deux êtres. Mais le remède n'est pas dans la rétraction de la pensée, mais dans la patience. Avec le temps, les concepts les plus étroits changent d'extension, se généralisent, deviennent des mots. L'espace à disposition est infini, et le langage s'oublie. Des galeries entières de mots se sont effondrées dans la mémoire de l'humanité. Apprendre à parler n'a jamais cessé d'être une question de survie.Thu, 11 Jan 2018 17:08:53 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/langagenature#nature : La nature n'est ni bonne ni mauvaise. Elle ne fait pas de mal, et l'on ne saurait lui en faire que dans la mesure où l'on s'en distingue. La nature est simplement ce qui se situe au delà d'une structure réalisée selon une idée humaine. Elle est ce qui dépasse le projet. La nature se trouve au delà des murs de la ville et des barrières profondes qui te séparent de ton inconscient. La nature se peuple des habitants absents du plan urbain quadrillé d'Hippodamos de Milet. Elle est le silence sidéral qui enveloppe les colonies orbitales de la NASA. Elle sommeille dans les slums du Corbusier où la lumière de l'apôtre de la machine ne pénètre pas davantage que les forces de police. Elle couve toujours la révolte et l'irruption du désordre. La nature est ce que l'on ne détermine pas car elle naît de soi et se détermine. La nature est la zone du dehors. La nature - désolé mon durabiliste - se situe au delà de toutes les boucles durables La nature c'est la négation de la totalité. Le ridicule du perpetuum mobile. La forêt obscure. Le soleil ardent qui achève ses réserves d'hydrogène. Ta mort inéluctable. Le désert du paradis. La nature c'est l'irruption permanente de l'inconcevable. L’œuf de l'impossible. La nature du scientifique n'est qu'un outil de la pensée. En étudiant la nature, tu te subjectivises en objet et tu donnes ainsi accès à toi même par la porte de la science. La nature se révèle enfin dans les manières d'en jouir dont il y a essentiellement deux. Une manière "négative", où tu jouis de la nature comme absence: l'absence d'humains, l'absence d'artefacts, l'absence d'injonctions à être humain. Et une manière "positive", où tu jouis de la nature comme d'un domaine du possible.Sun, 07 Jan 2018 23:54:15 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/naturedurable#durable : - Je m'en fiche du développement durable et de la pérennité de la mémoire, dit-il. Dans un milliard d'années, les radiations émises par le Soleil auront augmenté, rendant la surface terrestre trop chaude pour que l'eau à l'état liquide puisse y subsister. Notre horizon, c'est ça. - Anathème! hurla Patapak.Sun, 07 Jan 2018 23:53:26 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/durableconfiance#confiance : !1 La confiance est l'âme de l'avenir, sa ressource, son énergie. Sur la confiance en soi repose tout ce que tu n'es pas encore. Le confiant séduit parce qu'il crée le possible. N'attends pas l'approbation. Sens-toi aimé par ceux qui t'aiment et ils t'aimeront. !2 On ne fait confiance qu'à ceux à qui l'on préfère laisser porter le poids de ses doutesSat, 06 Jan 2018 01:27:42 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/confiancefaire#faire : - "Faire" est un verbe faible à éviter, disent les manuels du style. Pourtant, il produit des faitsSat, 30 Dec 2017 02:04:00 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/faireoubli#oubli : Il y a quelque chose d'absorbant dans le regard d'autrui, qui te fait oublier ce que tu voulais dire au monde. Nous sommes, les uns aux autres, des dimensions de l'oubli. Cela est bien ainsi, car tu ne te fais pas, tu te fuis.Sat, 30 Dec 2017 02:02:41 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/oubliivresse#ivresse : Pour les Aztèques, l'ivrogne qui s'endort et se réveille ayant tout oublié est un symbole du renouvellement périodique. Bonne Année!Sat, 30 Dec 2017 02:01:38 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/ivresseenfant#enfant : Les enfants vivent le monde. Nous servons à le générer On sert à le maintenir. - Chaque année et de plus en plus, écrit Claude-Lévi Strauss, nous adressons aux petits enfants pour qu’ils consentent, en croyant au Père Noël, à nous aider à croire en la vie. On admire enfin l'enfant par ce qu'il incarne la possibilité de tout ce qu’on n’a jamais su être. Parce que son existence est encore ouverte. Et pourtant on l’enferme.Fri, 29 Dec 2017 19:33:49 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/enfantrésilience#résilience : En contrepartie de sa conscience de la fatalité, l'humain possède une capacité de refoulement impressionnante, qui a longtemps été un atout de survie. C'est la compétence des vignerons au pied de l'Etna; la persévérance des paysans dans les régions inondables. Plus qu'un refoulement, c'est une résilience préalable face à la catastrophe qui adviendra forcément un jour. Sa nécessité vient de ce que les marges du monde sont les plus fertiles. L'espèce ne peut dire de soi qu'elle prospère qu'en les occupant. Mais la résilience d'une vie à la limite de l'anéantissement devient fatale, à son tour, face à la catastrophe qui menacerait l'ensemble de l'espèce: le réchauffement climatique, le risque organique, l'énergie débridée, refoulés comme les sauts d'humeur de la rivière Gange.Thu, 28 Dec 2017 03:32:12 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/r%C3%A9silienceplurivalence#plurivalence : La rencontre avec n'importe quel être humain fait naître en toi un être nouveau, doté d'idées et de désirs nouveaux stimulés par l'autre, articulés à sa particularité. Chaque rencontre donne aussi naissance à un nouveau surmoi. Tu es donc pluriel. La psychanalyse - prisonnière de l'axiome de l'individu, croyant que l'individu précède la rencontre et qu'un "je" précède à l'autre - pense que cette plurivalence du "moi" existe d'emblée et qu'elle est seulement activée par la rencontre. De fait, ce que l'on appelle "je" n'est ni plus ni moins que le résultat d'une série de rencontres. La conséquence demeure: tu es une cité en état de guerre civile permanente. La rigidification psychique dans ses diverses formes - rituels religieux, procédures administratives, épopées bourgeoises des bonnes manières, industries totalitaires, tâches répétitives - offre une trêve trompeuse, toujours suivie d'une catastrophe existentielle. Être conscient de sa plurivalence ne résout pas le conflit interne mais le dote, du moins, d'une certaine fluidité. cf. identitéThu, 28 Dec 2017 03:30:56 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/plurivalencecatastrophe#catastrophe : La catastrophe est un brusque changement de position dans l'espace des phases; en d'autres mots, une traversée inattendue d'un pli du champ n-dimensionnel des possibles dans la dimension n+1. Ainsi la modélise René Thom et la dessinent Alexandre Woodcock et Monte Davis. Cela résume parfaitement la part dicible de la catastrophe. Pour le reste, ce dont on ne peut parler, il faut se taire.Thu, 28 Dec 2017 03:30:17 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/catastropherencontre#rencontre : Contrairement au rendez-vous qui se programme, une rencontre s'accueille. Dans toute rencontre apparaît un nouveau monde qui s’ancre dans l’être même de chacun de ses protagonistes. Tout être doté d'une intériorité susceptible de changer dans la rencontre est un protagoniste potentiel. Entendons, par-là, l'ensemble des eucaryotes. cf. plurivalenceWed, 27 Dec 2017 15:23:15 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/rencontrebeau#beau : Beau pratique: Pendant longtemps, les riches et les puissants ont été un prétexte au beau. Mais quel est le prétexte au beau que nous savons fabriquer aujourd'hui? Savons-nous encore, d'ailleurs, nous octroyer le beau? Savons-nous lui donner un prétexte qui ne soit celui d'un tiers. Beau philosophique: Socrate convainc Hippias qu'il est vain de définir le beau, mais qu'il reste possible de le chercher. Un chemin qui n'aurait pas pour illusion de mener vers le beau ne vaut pas la peine d'être marché (autant rester dans le plaisant chez soi). Personne ne sait ce qu'est le beau, mais il est possible de se l'approprier - aucun doute là-dessus - en l'imprimant dans ton cerveau. Beau psychologique: La mémoire est extraordinaire en cela qu'elle lie tous les beaux lieux dans un présent fluide. Le beau est un tissu d'impressions du beau dans ta mémoire. Beau scientifique: Nous ne pouvons plus faire de science du beau. Le beau est sorti du registre de la science, et du scientifiquement étudiable du moment que l'on s'est mis à distinguer le connaître (episteme) du sentir (aisthesis). cf. baroqueSun, 24 Dec 2017 23:40:00 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/beaucerveau#cerveau : Le cerveau est, comme tout organe, un connecteur de réalités Par cette synthèse seulement, il est le "siège" de la volonté humaine À prendre au pied de la lettre les déclarations de la neuroscience, il est le sujet du corps. Voyons-le donc comme un être à la fois animal et végétal, dont les racines et le feuillage sont les organes Un flux extravagant partant de ces extrémités s'anime en direction du centre pour y éclore, transfiguré en l'admirable structure de la matière grise. Au fil des millénaires de variations, il a atteint les formes les plus étonnantes, des fugues de formes échappant à tout but - partant de rien, d'une racine spinale. Le monde s'imprime dans le cerveau. Mais l'hérédité génétique de sa structure le prédispose à ne se laisser imprimer que d'une manière qui lui est propre. Ainsi, à son tour, l'impression qu'il laisse dans la matière du monde portera la trace des structures cérébrales de ses géniteurs La continuité matérielle du monde et la continuité génétique des cerveaux sont à l'origine de ce que l'on appelle la stabilité. L'hérédité des structures cérébrales implique aussi une transmission non-verbale d'une image du monde, d'une vérité, d'une manière de voir. Tout cela, le cerveau l'hérite de ses géniteurs Mais ce n'est pas là son seul héritage. Il hérite toujours d'une parole, aussi. Le cerveau n'est qu'un point de transition de la conscience. Le cerveau ne peut pas se comprendre lui-même. Il dira toujours "lui".Sun, 24 Dec 2017 23:39:28 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/cerveaubaroque#baroque : - Les constructions du baroque, écrit Milan Kundera, sont les fleurs du mal. Elles incarnant le paradoxe de la beauté. C'est le paradoxe de la subjugation, de la mise en rang par la beauté, de l'essence fasciste de toute forme du beau qui ne révèle pas ses coulisses mais se présente en trompe-l'oeil afin de stimuler l'adhésion à son mythe.Sun, 24 Dec 2017 23:38:26 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/baroqueintestins#intestins : Les intestins opèrent la transmutation de cadavres de plantes et d'animaux en matière vivante. Au sens de l'alchimie, ils font oeuvre. Le caca est le reste de l'opération.Mon, 18 Dec 2017 22:30:48 +0100http://wikitractatus.ourednik.info/intestins