Les premiers potagers d’Europe étaient des utopies par soustraction. Car ce que les paysans y plantaient se soustrayait à l’impôt seigneurial.
Le maïs, par exemple, plante transfuge d’un autre continent, vivait d’abord dans les potagers. Les seigneurs et les bourgeois n’en mangeaient pas. Les paysans s’en nourrissaient.
Dans chaque lopin de terre secret, les végétaux prophétisent un autre monde.