Les mots que nous habitons et partageons émergent de millénaires d’échanges humains. Ils se multiplient et se diffusent. Par échos et ricochets. Ils passent des oreilles aux langues. Les onomatopées s’affinent en se calant sur des rythmes communs. Les mots aiguisés tranchent dans le corps du monde, et y découpent des choses que l’on nomme.
L’étymologiste s’évertue à remonter le cours de ce processus, en cherchant le jadis des mots, les choses qu’ils disaient avant. Il cherche des prises dans le courant du langage qui ne fait, sinon, que nous balloter.
Mais dans la racine des mots ne se cache, à la fin, qu’une sagesse simple et le souffle glacial du vide des signes.
Ne reprochons pas trop vite à la parole de porter sur le rien. Elle nous offre confort en meublant sa vacuité.